Imprégnée par le monde du cinéma d’où elle vient, son univers se situe entre le film et la photographie, un aller-retour entre images fixes et images en mouvement qui nourrit sa démarche.
Claudia Imbert nous propose des photographies à l’esthétique propre, aux cadrages
impeccables, empreintes d’une histoire impossible à raconter.
Seul cet instant, celui de la photo reste et se prolonge. Que s’est-il passé avant ? Que se passera t-il après ? Impossible de le savoir.
Les prises de vue de l’artiste sont le résultat d’un long travail d’écriture en amont et de mises en scène soignées.
L’artiste, qui maîtrise à la fois l’argentique et le numérique, n’hésite pas à passer par l’artifice pour saisir, à sa façon, « l’instant juste ».
Pour cette exposition inaugurale, nous avons choisi de présenter une série en rapport avec Marseille : Le Cercle, qui, comme son nom l’indique, a été réalisée au Cercle des Nageurs, lieu emblématique de la ville.
Cette série a été réalisée en 2007, entièrement en argentique. L’exposition présente 11 photographies et une vidéo, Les Bonnets , 2010 (réalisée initialement dans le cadre de l’atelier de recherche ARTE).
« Longtemps, j’ai cru mes recherches motivées par le voyage, mais aujourd’hui je veux me confronter à des lieux plus familiers, apparemment moins spectaculaires. Je travaille depuis un an sur ce projet avec des poloïstes.
Tout a débuté par des interviews où j’ai compris à quel point il était important d’établir un lien avec chaque joueur. Je leur ai expliqué ma démarche, ils ont pu alors s’impliquer et livrer une qualité d’émotion qui m’a surprise. Petit à petit, j’ai pu ainsi mettre au point un dispositif qui, de simple emploi du temps, est devenu un rituel.
Dans ce lieu de mon enfance que fut le Cercle des Nageurs de Marseille, ils ont accepté que je les mette en scène dans une série de petits exercices inspirés de leurs match s, le Cercle devenant alors une sorte de théâtre.
J’ai vite été impressionnée par leur capacité à s’abandonner, ouvrant sur des instants de grâce, qui malgré leur fugacité, sont la réponse à des heures d’entraînement.
Dès lors, mon objectif n’a pas été de restituer quoi que ce soit ayant à voir avec la gestuelle sportive mais plutôt de retrouver dans leurs attitudes une mystique, un élan d’ordre métaphysique »
Claudia Imbert, 2008