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Jazz : recette gagnante pour Juan 2024 !

Le rideau est tombé trop vite sur Jazz à Juan. Une 63ème édition marquée par une programmation exceptionnelle et par la non-concurrence du Nice Jazz Festival, reporté en août pour cause de Jeux Olympiques et de Tour de France. Les amateurs de la note bleue et des musiques voisines n’avaient donc qu’une seule adresse à cette époque pour assouvir leur soif de concerts (et de découvertes). D’où une fréquentation en augmentation de 10 % par rapport à l’an passé, avec 27 500 spectateurs dans la Pinède Gould et quelques milliers d’autres qui ont assisté au « off » de la Jammin Summer Session pour des concerts gratuits.

Joshua Redman. ©M.L

«  Lissé sur la période, cela donne un remplissage moyen de 87% avec deux concerts complets avant même l’ouverture du festival, preuve s’il le fallait que le public a totalement adhéré à la programmation proposée » se réjouissent les organisateurs. Le groupe Toto et Kool and the Gang furent « sold out » avant même l’ouverture du festival et Pink Martini a également fait le plein. En revanche, une jauge plus modérée pour le pianiste Sofiane Pamart qui, s’il n’a pas vraiment convaincu les puristes avec un show et un toucher par trop appuyé (après tout c’est son style), a néanmoins attiré une nouvelle clientèle jeune, assurant ainsi une liaison sans querelle entre les « anciens » et les « modernes ».

L’artistique n’a pas été en reste avec – c’est notre avis subjectif – quelques très grands moments de jazz avec Manu Katché qui fut le parrain de Juan il y a quelques années, le trompettiste Erik Truffaz qui a distillé ses ballades sur les musiques de film, le toujours énorme Avishaï Cohen dont la contrebasse s’est acoquinée sur les rythmes cubains, Joshua Redman – impérial - accompagné de la chanteuse italo-américaine Gabrielle Cavassa (une vraie révélation pour nous). Sans oublier le « chouchou » Marcus Miller et ses musiciens américains qui ont fait chavirer la Pinède (c’est un cliché, mais c’est tellement vrai…).

On n’y a pas assisté, mais nous nous sommes laissés dire que le Belmondo Deadjazz et la soirée Chris Potter - Brad Mehldau –John Patitucci et Jonayhan Blake sont aussi à marquer d’une pierre bleue.

Erik Truffaz ©M.L

Nous avons également apprécié la générosité de Selah Sue et son talent kaléidoscope teinté de jazz, soul et rap, et le groupe Toto, fidèle à sa légende. Ainsi que Youssou N’Dour et ses mélopées aériennes teintées de notes africaines.

Dans cette constellations d’étoiles, deux noms à retenir, car pas encore assez connus : la canadienne Dominique Fils-Aimé et sa voix profonde, chaude, d’une grande amplitude, avec une présence magnétique sur la scène. Et Gabrielle Cavassa, à la technique vocale éblouissante, à la jupe courte affriolante. Mesdames, on attend déjà votre retour avec impatience...

Au final, un grand festival, couvert par 75 TV, Radio, journaux et web (dont Les Petites Affiches et Art Côte d’Azur). À l’année prochaine les amis !

Photos ©Marie Lesimple

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