
Il y a tout d’abord la beauté du geste. Une chorégraphie toute en élévation digne des bâtisseurs de pyramides. Chacun de ces corps est une pierre à l’édifice, belle après l’effort. Une technique aérienne, pratiquée par des hommes et des femmes dès l’âge de cinq ans, et dont l’origine remonte au 17ème siècle. Leurs noms : les castellers. Vous savez ces bâtisseurs de châteaux catalans ! Non sérieusement, parlons d’une collectivité appelée colla castellera (on en compte une soixantaine dans toute la Catalogne) dotée d’un président administratif et d’une commission technique pour gérer les répétitions. Celle de Vilafranca, reconnaissable à leur chemise verte, peut se targuer d’être l’une des plus réputées avec celle de Valls en chemise rouge. Outre la traditionnalité de cette rivalité saine et bonne enfant entre ces deux villes, il y a aussi l’intensité d’un spectacle vivant, plein de ferveur de la part d’un public (j’englobe aussi bien les catalans que les touristes) complétement conquis au fur et à mesure qu’une construction d’un pilier (une personne par étage) ou une tour (deux personnes par étage) s’élève dans les airs avec agilité et certes beaucoup de concentration. Il y a aussi cette clameur de la foule lorsque le dernier étage (le record étant de dix étages) est enfin constitué par un enfant frêle et intrépide saluant la foule en guise de victoire. Toujours la beauté du geste. Mais aussi la beauté d’une solidarité fondée sur une tradition que l’on souhaite éternelle tant est qu’elle ne cesse de gravir les étoiles à travers le monde.
